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Le blog de Christelle Hébert Pavie Union Agricole

Les agriculteurs sont prudents dans leurs investissements

17 Mai 2011 , Rédigé par Christelle Pavie Publié dans #Actu Agroéquipement

 

En 2010, le marché français des agroéquipements a enregistré un repli de 17,4%, à 3,28 Mds€. Et si 2011 s’annonce sous de meilleurs auspices, on est loin d’une reprise fulgurante du marché.

« La reprise est là, mais elle n’est pas toujours visible », explique Alain Dousset, président du Sedima (Syndicat des entreprises de services et distribution du machinisme agricole). En effet, malgré une hausse des cours en agriculture, principalement en céréales et en lait, la volatilité des prix freine les achats des agriculteurs.

Le fort renouvellement du parc en 2008, lorsque les prix agricoles avaient atteint des sommets, n’est pas observé en 2010. Pour les tracteurs agricoles, « le marché français enregistre une baisse de 20% des immatriculations en 2010 », souligne Alain Dousset. Selon lui, « les agriculteurs feraient preuve de prudence face à la volatilité de leurs revenus, l’actuelle sécheresse ne les rassurant pas davantage ».

D’ailleurs, si les perspectives de ventes en 2011 s’améliorent, une hausse de 8 à 9 % des immatriculations de tracteurs étant attendue, les perspectives de reprises sont moindres qu’en 2008. En effet, en 2008, 43 661 immatriculations de tracteurs ont été enregistrées, contre 34 500 attendues pour 2011. Il en va de même pour les moissonneuses-batteuses dont 2671 unités ont été vendues en France en 2008 contre 1637 en 2010. Si les perspectives pour 2011 sont haussières, elles restent modérées avec l’attente de la vente de 1850 moissonneuses-batteuses sur le marché français. Du côté de l’élevage, la hausse des cours du lait devrait permettre la vente de 20 % d’ensileuses automotrices supplémentaires en 2011, sachant qu’un tiers de ce marché a disparu entre 2008 et 2010. « Un effet de ciseau touche l’élevage en raison d’une hausse des cours des céréales », fait remarquer Alain Dousset pour justifier le tassement des ventes de matériel en direction de ces filières.

 

Allongement des délais  de livraison

La progressivité de cette reprise du marché est aussi accentuée par un fait nouveau : l’allongement des délais de livraison. « Les fabricants de machines agricoles ont adapté leurs usines à une demande en berne sur 2010 », explique Jean-Pierre Bernheim, président d’Axema (union, des industriels de l’agroéquipement). Ainsi, si la demande redémarre, l’offre peine à se mettre à niveau. « Depuis le mois d’octobre 2010, plus de 80 % des constructeurs enregistrent des  commandes stables ou à la hausse par rapport à la même période un an plus tôt », selon Jean-Pierre Bernheim. Cependant, la production française d’agroéquipement aurait baissé de 10,1% en valeur à la fin de l’année 2010. Et face à un marché où les commandes repartent depuis octobre 2010, les usines ne suivent pas. Si l’allongement des délais pourrait faire la part belle au marché de l’occasion, Jean-Pierre Bernheim rappelle que « la défiscalisation des investissements est plus avantageuse dans le neuf que dans l’occasion». D’après Alain Dousset, les occasions seraient plutôt prêtées aux agriculteurs afin qu’ils puissent réaliser leurs travaux saisonniers et qu’ils ne pâtissent pas des retards de livraisons de leurs commandes. Enfin, une hausse des tarifs du matériel neuf, en lien avec la fermeté des cours de l’énergie et de l’acier notamment, estimée à 2,8 % au niveau européen par Jean Pierre Bernheim, a aussi tendance à modérer les estimations de reprise des ventes de matériels agricoles en 2011.

F.G

Information du journal UNION AGRICOLE du 12/05/2011





 

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